Rallye Tout Terrain - Championnat de france

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Résumé du rallye Jean de la Fontaine

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La sportivité et la générosité sanctionnée...

Jeudi 28 Mai :

J’ai rendez-vous avec Vincent à 9h30 à Celles sur Aisne. Je passe à Soissons récupérer le road book ainsi que celui d’Hervé Bidart.

Je les retrouve à la cabane des chasseurs de Celles sur Aines.

Nous partons avec Patrick Poincelet faire la grande spéciale du Dimanche. Le terrain est assez grand et il pleut toujours. Cette spéciale est très jolie et il faudra avoir un bon rythme pour éviter de s’endormir.

Direction la seconde spéciale du dimanche. Sur le routier, Hervé casse la bougie de sa moto. Puis, au départ de la spéciale, c’est nous qui cassons le quad : variateur. Le week-end commence bien. Le temps de passer quelques coups de téléphones. Nous arrivons à joindre Emilie Poincelet qui nous prête son quad. On passe à Soissons acheté des bougies pour la moto d’Hervé et nous voici reparti pour le reco. Il est 13h… Nous arriverons à reconnaître toutes les spéciales ainsi que de les prendre en notes.

 

Vendredi 29 Mai :

De nouveau rendez-vous à 9h au même endroit pour vérifier et corriger les notes. Nous ferons de nombreux ajustements dans la spéciales de Presles et Boves qui est très rapide et dans laquelle il faut savoir où freiner. D’où l’importance d’avoir des notes très fines.

 

L’après midi, nous faisons les vérifications administratives sur la place du Mail puis nous partons aux techniques en centre ville de Soissons. Beaucoup de monde pour venir admirer les autos. C’est une bonne idée d’avoir fait ainsi. Enfin, direction la place de l’hôtel de ville pour le parc fermé.

 

Samedi 30 Juin :

V.POINCELET - J.RIVIEREBriefing à 7h30. Gilbert Lucas, le directeur de course, commence son discours. Première surprise,  tout le monde écoute le briefing. Personne ne parle comme ça peut être le cas le plus souvent. Bravo Gilbert. Il semble que tu ais les mots justes et que les pilotes te respectent.

Les 4x4 sortent en premier puis les T1A et enfin nous. Il est 9h12.

Le stress diminue un peu. Direction l’ES de Presles et Boves.

Le temps de mettre en marche les caméras (la notre et celle de Jean Claude) et Go…

Le début de la spéciale se déroule bien. Je suis dans le bon rythme, enfin pour le moment.

On sort du premier bois, tout va bien mais ça va déjà vite. On fait la boucle sur le plateau puis on retourne dans le bois. Ça continu de rouler très vite.  On passe à côté de la petite maison puis c’est le redescente dans le bois. Ca fil très vite, beaucoup plus vite que je l’aurai pensé. Je suis en retard sur les notes. J’annonce la note alors que l’on est déjà dans le virage. Vincent me demande d’accélérer, chose que je fais immédiatement. On se jette dans le goulet en 4 puis on passe la 5… Il n’y a pourtant pas beaucoup de place ! Puis, c’est la sortie du bois pour la longue parabole gauche prés de la route avant d’attaquer une portion super rapide avec des courbes en 6.

Résultat, 4.49,8s et 2ème temps des 2 roues juste derrière Michael Caze à 1,6s. Hervé Bidart tape un arbre côté copilote et une durite d’eau est abimée côté moteur. Ça ne commence pas bien pour lui.

   

ES2 : Augy. Le parcourt est identique à l’année dernière. Nous partons sur un rythme prudent mais avec l’envi de prendre la tête de la course des 2 roues. Nous arrivons au départ et nous constatons que les départs sont bloqués. 35min plus tard, ça repart pour être de nouveau bloqué. De nouveau 15min de blocage. Nous faisons la spéciale en 10.32s. Michael Caze fait le 2ème temps en 10.40s mais il a été gêné par Séguineau pendant plus de 3km.

Ludovic Gouin est 3ème suivi de Bruno Coet et de Grégory Boucher qui se rappel au bon souvenir de tous. Hervé Bidart casse la boite de vitesse. Il doit renoncer.

 

Notre 13ème temps de l’ES 1 fait que nous devons partir pour le 2nd tour à 12h32 alors que l’on doit rentrer au parc de regroupement à 12h34. Il en va de même pour Michael qui devait sortir du parc à 12h31 alors qu’il pointait en entrée de parc à 12h35. On l’aura compris, c’est impossible. La direction de course prend la décision de nous relancer après les T1A 4 roues motrices. Il n’est pas facile de faire un timing qui prend en compte les faits de course. Nous avions peur qu’il ne reste presque personne dans les spéciales mais le public était présent sur le bord des chemins, ça fait plaisir.

 

ES 3 : Nous partons derrière Michael qui a maintenant 5s de retard sur nous. Nous avons monté les Michelin. Il s’avère que c’est un bon choix. On file dans les bois en 6… Oui, Oui, en 6 dans le goulet avant la grande parabole gauche. Nous faisons le 10ème temps en 4.44,4s.

Michael Caze est à 8,1s, Gouin est à 28s et Coet à 30s ainsi que Bos qui fait un bon temps.

 

ES 4 : Nous gardons les Michelin. Le freinage sur le plateau avant de descendre dans le plateau est super chaud mais ça passe. Dans la descente, on roule sur un morceau de jante cassé. En revanche, nous ratons l’épingle droite en haut de Couvrelles sur le goudron. L’auto pivote trop et on se retrouve face au ballot de paille. On a bien vu tous les amis… qui profites bien de la poussière soulevée à l’accélération -)

10ème temps en 10.14 et 1er des 2 roues avec 4s sur Caze. Le sympathique Matt Lee est en 10.56s. Michael Caze arrête au parc d’assistance : moteur cassé. Quand à nous, on laisse 2 Michelin dans cette spéciale : les 2 pneus avant sont crevés.

 

ES 5 : Retour à Presles et Boves. Le terrain est on peut plus difficile et il faudra remettre les grandes roues pour le dernier passage. A la fin de la spéciale, dans le grand virage à droite, le témoin d’alternateur s’allume. La température d’eau monte rapidement jusque 110°c. On réalise le 7ème temps en 4.44,0s. On point stop, on presse le commissaire pour récupérer notre carnet afin de rouler et d’essayer de refroidir le moteur. On s’arrête dans le village pour trouver de l’eau et arroser le radiateur d’eau. Rien à faire. Le moteur reste à 120°c. La courroie de pompe à eau est cassée.

On prend quelques secondes pour réfléchir puis Ludovic Gouin arrive. On lui demande s’il a une corde pour nous ramener au parc. Bien sur, il accepte de suite sans même se poser une question. C’est beau la solidarité en tout terrain. Le 3ème qui aide le 1er du classement…. Ça ne se voit pas partout. Merci Ludo et Nico de ce geste qui vous coutera beaucoup trop chère ensuite. Nous arrivons au par Ciry Salsogne et nous changeons la courroie. Un grand merci à Nico et Ludo Gouin de leur aide.

 

ES 6 : Nous partons avec des doutes quant à la solidité du moteur à la suite du coup de chauffe. Plusieurs équipages nous signalent qu’il y a un peu d’eau qui coule à l’arrière. Nous prenons des bouteilles d’eau dans l’auto. Nous démarrons le moteur à la dernière seconde pour partir dans le chrono. Au bout de 2km, l’extincteur se détache. Je le retiens avec les pieds puis se sont les bouteilles d’eau qui veulent se balader. On rate encore notre freinage sur le plateau avant de descendre dans les pâtures. On fait demi-tour et c’est reparti. En bas des pâtures, dans le bois juste après les peupliers, on fait un 180°…. Demi tour et c’est reparti. Il va falloir se calmer un peu.

Le reste de la spéciale se déroule sans problèmes. On fait 10.18,6 soit 4s de plus que lors du 2nd passage. Pas trop mal compte tenu de toutes les erreurs. C’est le 14ème temps et le scratch en 2 roues.

 

ES 7 : Nous avons remis les Technospeeds. On passe un rapport en dessous par rapport aux autres passages. Le terrain commence réellement à être très abîmé. En rallye tout terrain, je pense que 3 passages c’est le maximum que l’on peut faire dans une spéciales. Après, le terrain se creuse vraiment trop, On fait tout de même 4.48,6s soit le 7ème temps juste devant José Castan.

 

La journée a été assez difficile mais on est content du résultat : nous sommes leader en 2 roues devant Matt Lee avec 3min36s d’avance. Nous sommes 10ème au scratch.

Nous rentrons à Soissons où tous nos amis et nos familles nous attendent.

 

Le « relation concurrent » nous informe que nous sommes convoqués au collège des commissaires. Gouin l’est aussi tout comme Kelle et Julien Grenier. Nous discutons un peu avec Gilbert Lucas et nous lui demandons en plaisantant s’il sait ce que l’on a fait ? Il n’en sait rien. L’ambiance est conviviale jusqu’au moment où un concurrent ressort du collège des commissaires. Il nous dira : « Ils sont complètement fous. On a l’impression d’être au tribunal et d’être le plus grand des criminels. »

Ça ne me plait pas. Nous arrivons avec Vincent dans un petit bureau où les 2 chaises des condamnés sont placées devant le tribunal. C’est la première impression que l’on a. Je reconnais Jean Pierre Deschamps que l’on connaît avec Vincent depuis toujours. Mme Thomas Maryse est la présidente du collège.

 

Pour le moment, on se demande toujours ce que l’on a fait de mal. Après une petite mise en scène dramaturgique tout juste digne d’une mauvaise série B, on en vient aux faits. « Ce que vous avez fait est grave. Très grave. » A ce moment, on image le pire. Est-ce que l’on a touché un spectateur sans le voir ? « Selon l’article 6.4.4 : Il est interdit, sous peine d'exclusion, de remorquer, se faire remorquer, transporter, se faire transporter, pousser, se faire pousser, si ce n’est pour ramener une voiture sur la route ou pour libérer la route. »

 

Le choc. Je ne connais pas cet article. Et dire que j’aurai déjà pu me faire mettre hors course au rallye Dunes et Marais en 2002 lorsque j’avais ramené le copilote de Goni au parc d’assistance dans notre auto….

 

On nous laisse la parole mais dans la seconde rien ne vient puis on se dit que si on nous laisse la parole c’est pour s’exprimer et trouver un terrain d’entente… Il n’en est rien. La sanction tombe de manière automatique. Comme on nous le rappellera si délicatement, nous ne sommes que des numéros. Mme Thomas ne pouvait pas laisser ce rapport sans suite, ce que je comprends mais elle avait le pouvoir de comprendre la beauté du geste effectué par Gouin. Non. Comme elle nous l’a expliquée : « Imaginez si demain vous vous tuez. J’aurai mauvaise conscience. » Je la comprends et j’y reviendrai un peu plus loin sur ce point.

 

La discussion étant impossible, nous quittons le bureau sans faire d’histoires en pensant à Nico et Ludo qui suivent. En espérant que le collège des commissaires fasse preuve d’intelligence sportive à leur égard. En effet, la différence se fait dans les chronos, pas à l’extérieur. Nous ne sommes pas des professionnels mais des amateurs. On roule pour se faire plaisir et non pour gagner notre vie. Je pensais que toutes les personnes qui passaient des week-ends entiers sur un rallye enfermées dans le PC course aimaient notre sport et surtout quelles comprenaient les fondements de notre disciplines. Et bien non. Ludovic et Nicolas sont aussi exclus du rallye.

Julien Grenier est lui aussi exclus pour avoir passé la ligne d’arrivé sans sont harnais alors qu’il s’était arrêté pour la 7ème fois de la spéciale 200m plus tôt. Même en WRC, pourtant le plus haut niveau de notre sport, la sanction n’est pas si forte (2min pour Loeb lors du rallye de Sardaigne). J’avais pourtant l’impression d’appartenir à une fédération sportive pas à une ligue anti-sport mécanique.

 

Plusieurs questions restent sans réponses.

Pourquoi le directeur de course n’a pas eu fait de ce rapport avant notre exclusion. En effet, selon l’article 1.1 de la réglementation générale des rallyes : « 1.1. OFFICIELS : Selon le règlement particulier de chaque rallye. A l’exception des membres du Collège des  commissaires Sportifs de l’épreuve, tous les officiels figurant sur le règlement particulier et éventuellement ceux du Rallye de doublure, et inversement, sont déclarés compétents en tant que "juges de fait" pour la constatation visuelle d’infraction dont ils seraient témoins, portant notamment sur : chauffe ou réglementation des pneumatiques ; assistance ; itinéraire du rallye ; comportement anti-sportifs ; etc. Ils devront notifier par rapport écrit leur constatation au Directeur de Course, dans les plus brefs délais. » Il y a déjà un problème.

 

Ensuite, je suis inquiet pour Mme la présidente du collègue. Les membres du collègue auraient dus continuer leur travail afin de tranquilliser la présidente du collège qui a tout de même pris beaucoup de risques. En effet, d'autres articles du réglements n'étaient pas appliquables. Il aurait fallu faire appliquer l’article 3.3.9 : « Les noms du pilote et du copilote ainsi que le drapeau de la nationalité apparaîtront sur les deux ailes avant et/ou sur les vitres arrières latérales de la voiture (hauteur maximum : 10 cm), sous peine d’une pénalisation de 80 € (30 € en régional) »  ça aurait fait rentré de l’argent dans les caisses, ou encore l’article 4.3.8 pour les pilotes prioritaires « Les voitures des pilotes prioritaires doivent être équipées d’une prise rapide pour le prélèvement de carburant. ». L’article 7.6.4 n’a pas été respecté « Pour sortir d’un parc fermé de départ, de regroupement ou de fin d’étape, l’équipage sera autorisé à pénétrer dans le parc 10 minutes avant son heure de départ. Dans le cas où un parc de regroupement ne durerait pas plus de 15 minutes, les équipages pourront rester dans le parc de regroupement. » Je me souviens que les pilotes sont restés dans le parc de regroupement de Ciry alors qu’il y avait plus de 15min d’attente.

 

On ne parlera pas des rapports qui sont tombés cette fois sur le bureau du directeur de course à l’encontre des pilotes qui avaient enlevés leur casque après la ligne d’arrivée mais avant le point stop alors qu’ils étaient en convoi. Il n’y avait peut être pas de mauvaises intentions mais le résultat est là : ce week-end, il fallait casser du pilote. Ces mêmes pilotes qui financent en parti le rallye en s’acquittant des droits d’engagement, ces mêmes pilotes qui font vivre le rallye au travers de l’écurie, ce sont aussi ces mêmes pilotes qui cotisent à l’ASA02 et lui permettent de vivre.

 

Cette sanction m’aura permis de lire le règlement en entier et de m’apercevoir que l’on fait tous des entorses au règlement et que ça ne gène personne en temps normal car tout le mode fait preuve d’une intelligence sportive.

Pour conclure, je garde espoir car il y a une grande majorité des officiels qui aiment la course automobile et qui connaissent la course automobile pour l’avoir pratiquer. J’ai peut être une vision archaïque des choses mais comment jugés un sport sans jamais l’avoir pratiqué ?

 

Au vu des performances des pilotes et des autos présents en rallye tout terrain, je pense que personne n’oserait dire que nos rallye sont des « kermesses » et que nous sommes en quelque sorte « les délinquants » du rallye. J’invite ceux qui auraient pu le penser dans un moment d’égarement à visionner les vidéos embarquées que nous avons fait ce week-end pour se rendre compte du haut niveau des pilotes qui sont devant nous au classement.

 

Je félicite l’écurie Jean de la Fontaine qui s’est donnée sans compter pour nous offrir un rallye magnifique avec un road book sans erreurs. Bravo pour l’animation et l’intégration du rallye dans la ville. Ce n’est pas toujours un exercice facile d’intégrer notre sport dans un centre ville. Je remercie aussi les courageux de la dernière semaine qui n’ont pas comptés leurs heures pour dégager tous les arbres tombés en début de semaine.

 

Je tiens à remercier les amis, nos partenaires mais aussi nos familles et fiancées qui supportent depuis le début de l’année nos long déplacements. Nous aurions aimé vous offrir à tous une belle victoire mais surtout vous montrer une autre image de notre discipline.

 

L'essentiel, vous l'aurez tous compris, est de conservé la convivialité qui fait la beauté de notre discipline. Ce sont les bases du sport, non?

 

Pour terminer, Merci Ludo et Nico de votre aide. Vous êtes les gagnants moraux de ce rallye. Merci.

   
 
Mise à jour le Mercredi, 03 Juin 2009 20:18